Le backgammon : l’histoire d’un jeu qui a parcouru les âges
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Du 22 au 25 octobre dernier, le Sel a accueilli pour la troisième fois le championnat national de backgammon. L’occasion de revenir sur l’histoire passionnante de ce jeu millénaire, accessible dès le plus jeune âge et pratiqué partout dans le monde. Rencontre avec Stéphane Chenevière, président de la Fédération Française de Backgammon, dont le siège se trouve à Sèvres, qui nous dévoile tous ses secrets…
Un jeu ludique et pédagogique
Deux joueurs, quinze pions chacun, un plateau de vingt-quatre flèches et deux dés : le premier qui ramène toute son armée à la maison, puis la sort du plateau, l’emporte. « Le backgammon est un savant mélange entre le poker et les échecs. On y voit aussi, au premier abord, une partie de petits chevaux qui peut sembler banale. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Chaque partie mêle stratégie, tactique et, bien sûr, hasard. À chaque coup son rebondissement et le meilleur ne gagne pas forcément ! », s’enthousiasme Stéphane Chenevière, président de la Fédération.
Et qui dit dés, dit mathématiques. Le backgammon est un précieux outil pédagogique qui s’emploie dès l’école primaire au travers de l’hypergammon, une variante à trois pions qui apprend à compter et à se familiariser avec le hasard. Il se prolonge jusqu’au lycée, lorsque les probabilités prennent le relais. Et l’on se rend souvent compte que la bonne réponse contredit l’intuition…
Une petite fédération aux grandes ambitions
Au-delà d’organiser depuis trois ans le championnat national, la Fédération, basée à Sèvres, accueille les joueurs confirmés dans une école qui les prépare à la compétition. « Nous estimons être environ 100 000 en France à savoir jouer au backgammon, dont 1 000 licenciés. La discipline reste confidentielle mais bien structurée : des clubs partout dans l’Hexagone, des compétitions locales, régionales et nationales… La France a même été sacrée championne du monde en 2023 » précise Stéphane Chenevière.
Un jeu dont l’engouement et la popularité ne cessent d’accroître, de 7 à 77 ans…
Un jeu venu des fonds des âges
Selon la Fédération, on joue au backgammon depuis la nuit des temps. Un plateau découvert en Asie Mineure serait vieux de 5 000 ans avant notre ère, et un jeu très proche de l’actuel aurait été retrouvé dans la tombe de Toutânkhamon. Son berceau (Mésopotamie, Égypte, Perse ou Inde) reste un mystère. En Perse, le plateau était symbolique : 24 flèches comme les heures du jour, 30 pions comme les jours du mois. Les croisés le rapportent en Europe au XIIe siècle ; le « tric-trac » français, peut-être nommé d’après le bruit des dés, reste longtemps un jeu d’aristocrates. Les règles modernes remontent à l’Anglais Edmond Hoyle (Londres, 1743) et le videau, un dé spécial qui permet de doubler l’enjeu en cours de partie, naît aux États-Unis en 1931. Quant au mot « backgammon », il viendrait du saxon pour « retour » et « jeu » : le pion frappé revient dans la partie.
Vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du backgammon ?
La Fédération met à disposition une chaîne YouTube (@federationfrancaisedebackg1332) et vous explique de façon ludique les règles du jeu et les stratégies à adopter. Vous pourrez aussi y retrouver des retransmissions de tournois et des interviews de joueurs passionnés. De nombreuses applications mobiles gratuites sont également téléchargeables pour s’entraîner quand on le souhaite.
Plus d’infos sur ffbg.fr.