Sèvres, vitrine discrète de l’Art déco

Sèvres, vitrine discrète de l’Art déco

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Histoire et patrimoine
Publié le 5 juin 2026 Modifié le 10 juin 2026

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L’architecture Art déco a récemment célébré son centenaire. Souvent associée à des villes voisines, elle a pourtant aussi marqué le paysage urbain de Sèvres. Plus discret, cet héritage n’en révèle pas moins une période de profond renouvellement architectural. À travers son école de céramique et ses équipements publics, Sèvres témoigne d’une volonté de modernité, où l’esthétique et la fonctionnalité occupent une place centrale.

Moderniser la ville

Dans les années 1930, Sèvres engage une transformation importante de son centre-ville. Dans un contexte marqué par les crises économiques et les préoccupations sanitaires, la modernisation urbaine s’impose progressivement. Il s’agit de repenser l’habitat, d’améliorer les conditions d’hygiène et de développer des infrastructures adaptées à une population en évolution.
Issu de l’exposition internationale des arts décoratifs, l’Art déco accompagne ces mutations. À Sèvres, de nouveaux bâtiments adoptent des lignes géométriques, des volumes épurés et intègrent des matériaux modernes comme le béton armé, offrant de nouvelles possibilités architecturales. Cette approche traduit une recherche d’équilibre entre esthétique et usage.

L’École de céramique

Parmi les réalisations classées au titre des Monuments historiques, l’ancienne École nationale supérieure de céramique, aujourd’hui occupée par le Jardin des métiers d’Art et du Design, incarne pleinement l’esprit de l’Art déco. Réaménagé par l’architecte Michel Roux-Spitz, l’ensemble se distingue par son organisation claire et rationnelle. Trois bâtiments distincts sont dédiés à l’enseignement théorique, à l’internat et aux ateliers pratiques.
L’usage du béton armé permet de créer de vastes espaces lumineux, favorisant l’apprentissage. Mais au-delà de cette efficacité, le site se distingue par la qualité de ses décors : ferronneries, vitraux et éléments ornementaux témoignent d’un soin particulier apporté à l’esthétique. L’établissement devient ainsi un lieu où se rencontrent technique, art et architecture.

Les équipements collectifs

L’Art déco se retrouve également dans plusieurs équipements publics et ensembles d’habitation. L’immeuble de l’avenue de l’Europe, construit par l’Office public d’habitation à bon marché, ainsi que l’ancien ensemble de la rue des Binelles regroupant lavoirs, bains-douches et services de proximité, par l’architecte Henri Formery, illustrent cette évolution du cadre urbain.
La gare de Sèvres Rive Gauche constitue un autre exemple significatif.
Reconstruite par l’architecte Urbain Cassan, elle a été restaurée en 2019 afin de retrouver ses caractéristiques d’origine, notamment ses carreaux de grès. Aujourd’hui labellisée « Patrimoine d’intérêt régional », elle souligne la qualité et la pérennité de cet héritage.


L’Art déco en 5 dates

1925

Exposition internationale des Arts Décoratifs

1933

Réaménagement de l’école de céramique par Michel Roux-Spitz

1935

Reconstruction de la gare Sèvres – Rive Gauche par Urbain Cassan

1936

Construction de l’équipement municipal par Henry Formery

2019

Restauration de la gare classée « Patrimoine d’intérêt général »