Elles font Sèvres : huit parcours féminins qui inspirent et marquent la ville
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Sport de haut niveau, aventure océanique, entrepreneuriat, création, engagement artistique ou associatif, agent public… Elles n’ont ni le même âge, ni le même métier, ni la même trajectoire. Certaines ont grandi à Sèvres, d’autres y ont trouvé un point d’ancrage décisif.
À l’occasion du 8 mars, ces portraits mettent en lumière des directions réelles faites de travail, d’études, de décisions et de persévérance. Des chemins de vie inspirants.
Marie Chaussade
Aventurière océanique
Sévrienne d’origine, Marie Chaussade revient fin 2025 de la Mini-
Transat : 16 jours seule sur l’Atlantique à bord d’un voilier de 6,50 m.
Elle fête ses 34 ans en mer, sans téléphone ni assistance, avec pour seuls repères la météo et son bateau. Ingénieure dans le secteur pharmaceutique et réserviste dans la Marine nationale, elle a préparé ce défi pendant deux ans entre Sèvres et La Rochelle.
Le déclic ?
Un jour on m’a demandé : « Quel est le risque d’essayer ? »
J’ai compris que le vrai danger, c’était le regret.
Ce qui vous fait vibrer ?
La liberté totale. Pas de réseau, pas de bruit. Juste la mer et les décisions que je prends seule.
Des défis en tant que femme ?
En mer, un marin est un marin. Sur la course, nous étions 14 femmes sur 90. L’enjeu, c’est d’oser.
Un conseil aux jeunes générations ?
On peut se lancer après 30 ans. Travaillez, entourez-vous et tentez.
Le pire, c’est de ne pas essayer.
Une phrase qui vous guide ?
En solitaire mais jamais seule
Je l’emprunte au skipper Tanguy Le Turquais et à l’association Lazare. Derrière un bateau, il y a toujours une équipe invisible.
Nell Poyé
Footballeuse de haut niveau

capitaine au Stade de Reims U19, Nell Poyé avance avec détermination. Elle a déjà disputé une Coupe du monde U17 en 2025 au Maroc, atteignant les quarts de finale. Études, entraînements et matchs rythment un quotidien exigeant avec en ligne de mire l’équipe de France A.
Le déclic ?
L’amour du foot. Regarder jouer les autres m’a donné envie d’essayer, puis de progresser.
Ce qui vous fait vibrer ?
Être gardienne et capitaine : protéger l’équipe, parler, rassurer. On tient debout pour les autres.
Des défis en tant que femme ?
Oui, surtout la visibilité. Il faut parfois insister davantage pour être prise au sérieux.
Un conseil aux jeunes générations ?
Même après une défaite, on continue. Ce qui compte, c’est la constance et le sérieux, sur le terrain comme à l’école.
Personne ne le fera à ta place
Ça me rappelle que tout passe par le travail quotidien.
Karin Catala
Comédienne, fondatrice des Enfants de la Comédie

elle la construit pour les autres. Fondatrice des Enfants de la Comédie,
du Groupe EDLC et à l’origine des Échappés de la Coulisse, elle façonne des générations de jeunes comédiens à Sèvres et au Sel. Coach
d’acteurs pour le cinéma, elle travaille avec Luc Besson, Guillaume Nicloux, Karine Tardieu…Un incroyable parcours qui a été souligné
en juin 2025 avec la Médaille de Chevalier des Arts et des Lettres.
Le déclic ?
À 6 ans, à l’école, je savais déjà que ce serait le théâtre.
C’était viscéral.
Ce qui vous fait vibrer ?
Voir un enfant comprendre que sa différence devient une
force sur scène.
Des défis en tant que femme ?
Oui, parfois. Mais le travail finit toujours par parler plus fort que
le reste.
Un conseil aux jeunes générations ?
Le talent ne suffit pas. Rigueur, honnêteté, respect : la créativité
a besoin de structure.
Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont faitCitation souvent attribuée à Mark Twain ou Marcel Pagnol. Mes élèves me l’ont offerte lors des 48 heures du Sel. Elle résume notre élan collectif.
Marina Ardon Rivera
Hautboïste en formation d’excellence au Conservatoire de Sèvres

Corinne Jobard. Entre répétitions, orchestre et projets professionnels déjà affirmés, elle avance avec une conviction simple : la musique n’est pas une option, c’est un langage.
Le déclic ?
J’ai découvert le hautbois à 7 ans au conservatoire. Le son m’a tout de suite touchée. Personne ne faisait de musique chez moi, mais mes parents m’ont toujours soutenue.
Ce qui vous fait vibrer ?
Découvrir d’autres musiciens, leur façon de jouer, leur passion. La musique me détend, elle m’aide à me concentrer. C’est devenu une partie de ma vie.
Des défis en tant que jeune fille ?
Non. La musique est pour tout le monde. Ce n’est pas une question de genre, mais de personnalité et d’envie.
Un conseil aux jeunes générations ?
Ne laissez pas les préjugés décider pour vous. Écoutez les conseils utiles, ignorez le négatif et faites ce que vous aimez vraiment.
Osez y aller, sans attendre d’être parfait.
Même si ce n’est pas parfait, il faut le faire de son mieux
Pour moi, ça veut dire jouer avec amour. Il y aura toujours une petite chose qui brillera, même dans l’imperfection.
Fabienne Malfitano
Directrice du CCAS et de la cohésion sociale — Agente de la Ville de Sèvres

À Sèvres, Fabienne Malfitano s’engage sans compter. Directrice du CCAS et de la cohésion sociale, elle accompagne, explique, rassure. Après des années de terrain, de formation et de direction d’équipes dans l’action sociale territoriale, elle poursuit le même cap : comprendre, agir, relier. Aider chez elle n’est pas une fonction, c’est une manière d’être.
Le déclic ?
Je n’ai pas eu une révélation soudaine. J’ai grandi dans un environnement où aider était naturel. Voir ma sœur s’investir auprès d’enfants en difficulté m’a marquée. J’ai compris très tôt que je voulais être utile concrètement.
Ce qui vous fait vibrer au quotidien ?
Le travail d’équipe et la relation humaine. Trouver des solutions, expliquer, accompagner. On ne change pas la vie des gens à leur place, mais on peut les aider à faire des pas décisifs.
Des défis en tant que femme ?
Je n’ai jamais ressenti de frein particulier. Le travail social est très féminin. Les défis viennent surtout des situations humaines complexes. Il faut de la fermeté, de l’écoute et beaucoup de pédagogie.
Un conseil aux jeunes générations ?
Se donner les moyens d’être autonome et indépendante. Se fixer des objectifs atteignables, accepter l’aide quand elle se présente, et surtout reconnaître sa valeur. On peut tomber, mais on se relève toujours.
Avoir un but, c’est tracer sa voie
Je n’ai jamais cherché un statut, j’ai saisi des opportunités, mais toujours avec le même fil rouge : le social. Quand on sait pourquoi on fait les choses, on ne se perd pas.
Florence Broutin
Commerçante, fondatrice de la boutique Confidentiel

Elle n’a jamais revendiqué le mot « entrepreneuse », pourtant elle en incarne toutes les dimensions : intuition, résilience, adaptation, indépendance, avec beaucoup d’élégance !
Le déclic ?
L’ouverture de la boutique. Avant, j’aimais déjà le vêtement, mais je ne savais pas que ce serait si fort. Le jour où j’ai créé Confidentiel, j’ai compris que c’était ma place.
Ce qui vous fait vibrer au quotidien ?
Le contact avec les femmes. Entrer dans leur univers, leurs histoires, leurs choix. La seconde main crée une relation différente. On touche à quelque chose de plus intime que dans une boutique classique.
Des défis en tant que femme ?
Au début, ce n’est pas moi qu’on ne prenait pas au sérieux, c’était l’activité. Le dépôt-vente n’était pas reconnu. Avec le temps, la perception a changé. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse.
Un conseil aux jeunes générations ?
Croyez à votre intuition. Si vous sentez qu’il faut changer de voie, faites-le. La résilience n’est pas un mot abstrait : c’est la capacité à se relever, à
recommencer, à tenir dans la durée. Rien ne remplace la persévérance.
L’énergie d’une passionnée résiliente
Parce que rien n’est figé. Il faut savoir se remettre en question, apprendre, regarder ce qui change sans perdre ce qu’on est.
Muriel Quentin-Broder
Présidente d’honneur de la LICRA des Hauts-de-Seine

Fille de « héros » comme elle nomme ses parents, son père s’engage dans la 2e Division Blindée, sa mère survit à la déportation. De cette double origine naît chez elle une évidence : transmettre n’est pas une option, c’est un devoir. Avec son époux l’avocat Patrick Quentin, elle forme un binôme professionnel et militant sur des dossiers liés aux crimes contre l’humanité. Militante de terrain, elle est une figure reconnue de la LICRA dans les Hauts-de-Seine dont elle a été présidente pendant plusieurs décennies, mais aussi au niveau national. Elle est également engagée au sein d’instances liées aux droits humains et à la mémoire de la déportation.
Le déclic ?
Très jeune, j’ai compris que garder le silence revenait à laisser d’autres décider du récit. Prendre la parole, c’était déjà agir. Ce n’était pas spectaculaire, mais nécessaire.
Ce qui vous fait vibrer ?
Les interventions dans les écoles. Voir un enfant lever la main, poser une question sincère, comprendre qu’il peut réfléchir par lui-même… c’est là que tout commence. La transmission crée des ponts invisibles.
Des défis en tant que femme ?
Oui, bien sûr. Mais j’ai grandi entourée de femmes fortes. On m’a appris l’indépendance très tôt. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait choisir entre engagement et féminité.
Un conseil aux jeunes générations ?
Ne laissez personne penser à votre place. Posez des questions. Regardez l’autre comme un égal. La mémoire n’est pas tournée vers hier : elle sert à construire demain.
Une phrase qui vous guide ?
Tout peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre
Cette phrase me suit depuis toujours. Elle ne parle pas seulement d’Histoire, elle parle de vigilance. Comprendre d’où l’on vient permet de choisir où l’on va.
Marion Pintaux
Entrepreneuse, créatrice des Aventuriers du Biscuit

pâtisserie en poche, Marion fonde Les Aventuriers du Biscuit.
Une entreprise installée à Sèvres, créative et digitale,
portée par une équipe de six femmes et un homme, qui fidélise aujourd’hui maisons de luxe et nombreuses entreprises, distinguée par le Prix numérique de la CPME 92. Une création gourmande devenue signature artisanale… et digitale.
Le déclic ?
L’envie d’apprendre un métier manuel après des années dans
le même univers.
Ce qui vous fait vibrer ?
Créer à la main. Partir d’ingrédients simples et raconter
une histoire visuelle.
Des défis en tant que femme ?
On s’impose parfois nos propres limites. Les réseaux
d’entrepreneurs m’ont aidée à viser plus grand.
Un conseil aux jeunes générations ?
Oser, mais en conscience. Travail, organisation et entourage
positif : rien n’arrive par hasard.
If you can dream it, you can do it.*
Walt Disney
*Si tu peux le rêver, tu peux le faire.
Mais derrière le rêve, il y a toujours du travail.
