Les relations dans la fratrie, un long fleuve pas toujours tranquille

Jeudi 28 septembre 2017 – À 20 h au Sel – Entrée libre.
Conférence-débat sur les relations frères/sœurs avec Serge Hefez, psychiatre spécialiste de la famille.


Serge Hefez, psychiatre et thérapeute familial, responsable de l’Unité de thérapie familiale de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière,  intervient régulièrement dans la presse écrite et audiovisuelle. Il anime cette conférence et répond aux questions de la Maison de la Famille.

Quelle définition donneriez-vous de la fratrie ?

Cette question paraît simple mais est, en réalité, beaucoup plus complexe. On pourrait répondre dans un premier temps que la fratrie c’est une génération. Mais, à l’heure actuelle, il existe des fratries qui sont quasiment de générations différentes. Donc, pour donner une définition actuelle de la fratrie, je dirais qu’il s’agit de deux personnes qui partagent des parents et simplement des parents, sans qu’ils aient obligatoirement un lien de filiation. Pour résumer, le lien fraternel serait le partage affectif et/ou biologique, et/ou filiatif des mêmes parents.

Pourquoi est-ce un sujet important ?

La question de la fratrie est fondamentale depuis la création de l’humanité. D’ailleurs de nombreux mythes viennent étayer cette question : Caïn et Abel et Romulus et Remus, par exemple.
C’est un lien fondateur, et dans tout ce qu’il charrie, à la fois de collaboration, de soutien, de partage d’objectifs et en même temps de potentialité de rivalité, de haine fratricide, de concurrence, de jalousie. C’est donc très représentatif du lien social et de son ambivalence.

Quelles sont les évolutions de la fratrie sur le sujet du lien fraternel ?

Ces évolutions sont très liées à la recomposition familiale. Celle-ci a toujours existé, sous la forme du veuvage et remariage, par exemple. Mais, aujourd’hui, les nouvelles formes de fratrie sont issues de la multiplication des recompositions familiales. Ainsi, on voit cohabiter dans le même foyer un certain nombre d’enfants qui ne vont pas du tout avoir les mêmes parents.
Ce sont finalement les liens fraternels qui vont soutenir l’architecture de la famille. C’est-à-dire que les liens d’affiliation prennent le pas sur les liens de filiation. Et ça, c’est une vraie nouveauté.

Quelle est l’utilité de s’interroger sur le lien fraternel ?

Les liens fraternels nous accompagnant tout au long de notre existence, il est fondamental de s’y intéresser. Ils ouvrent à des perspectives et à des réflexions sur le lien social. En effet, ce lien spécifique nous permet d’identifier qui appartient à notre famille et qui n’y appartient pas. En d’autres termes : qui est étranger et qui est familier ? Ces interrogations sont au cœur des questions identitaires aujourd’hui.

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