Portrait : Matthieu Roy

L’homme-orchestre
Un bon conseil : évadez-vous avec lui le temps d’un concert de musique classique vendredi 17 juin 2016, à 20 h 30, au Sel. Ce jeune trentenaire, Sévrien d’adoption, force l’admiration.


Matthieu Roy a la musique dans la peau. Un virus qu’il a attrapé jeune. À quatre ans, son père glisse un violon entre ses doigts. « J’en suis tombé amoureux et je ne l’ai plus lâché. » Il entre rapidement au conservatoire de Dijon. Bac scientifique en poche, il intègre le Conservatoire supérieur de Lyon dont il sort diplômé, collectionnant les prix et décrochant en parallèle l’Agrégation. Il rejoint alors Paris, enchaîne les postes d’enseignant remplaçant, puis anime l’éveil musical des enfants atteints de pathologies ou de handicaps à l’hôpital de Garches. Intéressé par son profil, l’Inspection générale lui confie une mission de deux ans auprès de l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique. De 2009 à 2014, l’Université Sorbonne Nouvelle Paris III fait appel à lui pour dispenser des cours au département cinéma et audiovisuel. Aujourd’hui, c’est auprès des élèves de la section Brevet de Technicien des métiers de la musique du lycée de Sèvres qu’il assouvit son désir de transmettre. Il enseigne l’évolution des instruments, le langage orchestral des grands compositeurs et la critique d’enregistrement. Son credo : « élever mes étudiants au plus haut niveau et en faire d’excellents professionnels. »

« Mon jeu préféré ? Composer et orchestrer ! »

La musique, il la partage aussi lors de conférences ou de cours de culture musicale au conservatoire où il dirige également l’orchestre à cordes. Ce mois-ci, le Sel lui ouvre sa scène pour un concert rassemblant l’orchestre et le choeur du conservatoire de Sèvres, ainsi que l’orchestre du conservatoire de Meudon. Résidant avec Aurélie, sa femme, quartier Brancas depuis un an, Matthieu Roy voit l’avenir à Sèvres. « À taille humaine, dynamique, attractive sur le plan culturel, la ville ne manque ni de charme, ni d’atouts. Elle offre un cadre de vie exceptionnel. »

Dans son appartement, refait à neuf en vue d’un heureux événement, lorsque son archet n’enflamme pas les cordes, les partitions se noircissent. « Mon jeu préféré ? Composer et orchestrer ! » Pour des formations symphoniques ou de musique de chambre, des chansons, des musiques de film ou de théâtre. Depuis sept ans, il collabore avec Reinhardt Wagner, un compositeur qui tutoie les plus grands réalisateurs et metteurs en scène. « Nous travaillons sur des projets variés. Il me transmet une mélodie. À moi de l’adapter sur une partition d’orchestre, de répartir les instruments, de choisir les nuances. C’est un bonheur de donner de la couleur à ses idées. » Ce jeune homme est brillant. Son avenir promet de l’être tout autant.

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