Nohemi Gonzalez, si jeune pour mourir

Elle avait 23 ans. Elle étudiait à Sèvres dans le cadre d’un échange entre son université californienne et Strate École de design. Nohemi est tombée sous les balles des terroristes. Ses camarades lui ont rendu un émouvant hommage. Ils ne l’oublieront pas.


Vendredi 13 novembre, en début de soirée, Nohemi Gonzalez était sortie avec deux de ses camarades d’université. De Paris, elle n’est jamais revenue. Trois jours après l’horrible drame, ses condisciples ont souhaité lui dire adieu. Jamais le hall de Strate École de design n’avait été plongé dans un si profond recueillement. Au cœur de la foule, fleurs, bougies, dessins ont été disposés à même le sol. Surplombant le mausolée improvisé, le portrait de cette américaine, souriante, pleine de vie. Trop jeune pour mourir. La tristesse se lit sur les visages, les larmes coulent en silence. Dominique Sciamma, le directeur de l’établissement, a la gorge nouée. « Vous le savez, le design doit rendre le monde plus simple, plus juste, plus beau. Ces mots paraissent vides de sens en ces douloureux moments mais ne renonçons pas. Le design est aussi un combat, un combat pour l’espoir. » Des étudiants décrivent une jeune femme pleine d’énergie, passionnée par ses études. L’une de ses amies précise que « Nohemi était une véritable source d’inspiration, un modèle pour nous tous. » Un camarade souligne qu’elle était « toujours gaie. Je ne l’ai jamais vue en colère, ni énervée. » Un autre ajoute qu’il a du mal à y croire, à se persuader que ce n’est pas un cauchemar. Chacun pense à la famille de Nohemi, à Tim, son ami, qui attendait impatiemment son retour en Californie.

« Morts de vivre »
Ce vibrant hommage sonne comme un écho à la veillée organisée, dimanche 15 novembre, de l’autre côté de l’Atlantique, à l’université de Long Beach, Los Angeles. C’est ici que Nohemi poursuivait ses études. Elle était venue à Sèvres dans le cadre d’un échange de six mois. Le vaste auditorium de la Maison des étudiants n’était pas assez grand pour accueillir le millier de personnes venues saluer sa mémoire. Dévasté par le chagrin, Tim Mraz a expliqué qu’il avait perdu la personne la plus importante de sa vie : « Elle restera mon ange à tout jamais. » Ses proches se souviennent qu’elle « avait parfaitement organisé son voyage à Paris », financé en travaillant en plus de ses études. Mimi, comme on la surnommait, avait toujours rêvé d’apprendre le Français et de  découvrir Paris. « Pourquoi une belle jeune femme, qui avait tant à offrir, a-t-elle été tuée ? » s’est interrogée sa tante Sandra Felt à la télévision. Quelle raison peut expliquer une telle tragédie ? Comme le rappelle Dominique Sciamma, « des femmes et des hommes sont morts, morts de vivre simplement dans un espace libre. Face à cela, notre réponse doit toujours demeurer la même : vivre ». Vivre malgré tout.

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1 réponse

  1. Cecilia Talopp dit :

    Merci pour cet hommage, un joli texte, bien écrit. Tu nous manques Nohemi.

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