Le saviez-vous ? Claude Monet à Sèvres

Il y a 150 ans, Claude Monet a séjourné à Sèvres où il a peint Femmes au jardin, visible au musée d’Orsay.


Claude Monet réside quelques mois à Sèvres, chemin des Closeaux, comme l’a prouvé J.P. Hubschmann dans la revue Savara n° 13 éditée par la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres. Deux sources prouvent ce séjour. Monet écrit dans une lettre à son ami le peintre Armand-Désiré Gautier (1825-1894) qu’il était installé à Sèvres, non loin de la gare de Ville-d’Avray, dans une maison entourée d’un jardin qu’il avait louée trois mois à partir du 15 mai 1866. D’autre part, le recensement des habitants de Sèvres (Archives Départementales des Hauts-de-Seine : référence 9M 904-3) le mentionne* parmi les 6 754 présents sous les numéros d’enregistrement du secteur Rive Droite.

Situation financière difficile. En 1866, la situation financière de l’artiste est difficile. Monet a des dettes et, durant son séjour sévrien, il passe deux fois au tribunal et est condamné à rembourser ses créanciers. Son ami, le peintre Frédéric Bazille, mécène généreux, l’aide une fois de plus et Monet quitte Sèvres en gardant l’œuvre qu’il a peinte dans le jardin, provoquant les quolibets du voisinage envers cet hurluberlu aux méthodes complètement folles.
Il faut en effet imaginer la réaction de ses contemporains, habitués depuis des siècles à voir de grands tableaux historiques peints en atelier, quand ils découvrent ce jeune homme peignant dans le jardin une toile de 2,55 m sur 2,05 m. Il a fait creuser une vaste tranchée où il peut monter et descendre le châssis par un système de poulies afin de ne pas avoir à se jucher sur un escabeau. La surprise atteint son comble lorsque les spectateurs découvrent que Monet fait poser sa compagne en des attitudes différentes pour réaliser les trois personnages de gauche.
Les spécialistes ne sont pas plus tendres avec Claude Monet dont la toile est refusée au Salon de 1867 par le jury qui, outre l’absence de sujet historique, déplore la touche de peinture apparente, signe de désinvolture et d’inachèvement. Seul , Emile Zola décèle la modernité du chef d’œuvre sévrien qui, racheté en 1921 par la Direction des Beaux-Arts, est l’un des fleurons du musée d’Orsay à Paris.

Hubert Charron
Vice-président de la Société d’Archéologie et d’Histoire de Sèvres

* n° 2146 : 1. Monet Claude, artiste peintre, 26 ans. 2. Doncieux Camille, sa femme, 19 ans.

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