Alain Pinel : le jardin vertical, tableau vivant…

Connu des promeneurs du quartier Brancas, le jardin vertical que l’on aperçoit de la rue Collas fait la fierté de son créateur. Entre prouesse technique et sens artistique, Alain Pinel a su créer un tableau végétal qui vit au rythme des saisons.

En cette après-midi de mai, les graminées flottent au vent tandis que le soleil lèche le mur de ses rayons printaniers. « Ce mur végétal est né d’une contrainte » sussure Alain Pinel en admirant son jardin vertical. « Nous avons acheté cette maison en 2000 et tout le séjour donnait sur un mur borgne qui n’offrait que peu de perspectives. M’inspirant de Patrick Blanc et de son célèbre jardin mural du Musée du quai Branly, je me suis lancé le défi de monter notre propre mur ! » raconte l’ingénieur de l’industrie navale qui détaille avec méthode les grandes étapes de la construction. « J’ai tout d’abord monté la structure métallique avec des cornières comme un jeu de construction. Puis j’ai ajouté les contreplaqués sans oublier l’inclinaison de 5 % indispensable pour assurer l’écoulement optimisé de l’eau. Ensuite une première couche d’AquaNappe a été agrafée. Cette matière spécifique se gorge d’eau et permet de garder l’humidité nécessaire pour les plantes. Après avoir installé le système d’arrosage avec 5 niveaux alimentés par deux pompes, j’ai ajouté la seconde couche d’AquaNappe dans laquelle j’ai créé les petites poches qui recevront les plantes sélectionnées. »

Comme tous les passionnés, Alain Pinel ne fait pas les choses à moitié. Ce sont 700 poches sur ce mur de 10 m de long sur 4,5 m de haut qui ont été créées. Cet amateur éclairé – qui a suivi une formation à l’École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles – a utilisé ses qualités d’ingénieur pour la sélection des produits, la mise en place de toute la logistique et la programmation des pompes d’arrosage afin d’assurer l’humidité nécessaire aux espèces savamment sélectionnées. Alain Pinel a aussi puisé dans sa fibre artistique afin de placer intelligemment fougères, graminées, sédums, bergénias… « J’essaye de les placer comme des touches de peinture » précise ce peintre amateur, ancien élève des ateliers de Paris. Diagonale de graminées, noisetier tortueux, géranium commun… Alain Pinel sélectionne avec minutie toutes les espèces qui animeront son tableau vivant. Les jardins japonais ont été une source d’inspiration. Au pays du Soleil Levant, le jardin est une représentation du paysage. Et en effet, au fil des saisons, le jardin vertical n’est jamais le même, il bouge, vit, évolue. Au fil des années, Alain et sa femme Marie-Claire ont construit leur propre paysage et ne se lassent pas de l’admirer et d’en faire profiter quelques chanceux.

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