L’Hôtel de Ville

Hôtel de Ville - Façade
L’histoire de cette propriété commence aux alentours de 1630. À cette époque, René Peyrat possède à Sèvres un domaine dit « de Courchamp » composé d’un grand jardin en terrasse agrémenté de bassins, de jeux d’eau et de deux corps de logis à l’Ouest, le premier sur la Grande Rue, l’autre sur l’aile gauche.

 

En 1647, Peyrat vend la propriété à Pierre Monnerot, conseiller du Roi et receveur général des finances de la généralité d’Orléans, qui l’agrandit en achetant les propriétés voisines de Nicolas de Longueil (1656) et Guillaume Dubourg (1657) afin d’y aménager des jardins et pièces d’eau qui font rapidement l’admiration des sévriens. En 1661, Monnerot, victime de la chute de Fouquet, voit ses biens saisis par décret de la Cour des Aides et vendus aux enchères en 1675 tandis qu’il termine sa vie à la Bastille. Toutes les propriétés de Sèvres sont adjugées à Louis XIV qui les donne à Monsieur son frère, duc d’Orléans, afin de faciliter l’agrandissement de son domaine de Saint-Cloud.

 

La propriété se transmet dans la famille d’Orléans, même si au fil des années l’usufruit en est accordé aux favorites des ducs. En 1772, afin de « donner des marques très particulières de son affection au duc et à la duchesse de Brancas », le duc d’Orléans leur attribue la jouissance de l’Hôtel de Courchamp. Ils n’y vivront que de 1792 à 1793.

 

En 1795, le chimiste Armand Seguin investit le bâtiment afin d’y établir ses ateliers de tannerie et ainsi seconder ceux déjà installés sur l’île baignée par la Seine entre Sèvres et Boulogne-Billancourt et à laquelle il laissera son nom. Quinze ans plus tard, l’Hôtel de Courchamp n’est plus qu’une ruine que Napoléon décide d’inclure dans le domaine de Saint-Cloud.

En 1815, l’hôtel est restitué à la famille d’Orléans. En 1834, Louis-Philippe, alors Roi des Français, le cède pour trente mille francs au conseil municipal de Sèvres afin d’y installer la mairie. Après trois ans de travaux, l’Hôtel de Courchamp devient officiellement l’Hôtel de Ville. Les jardins qui bordent la Grande rue entre le bâtiment et l’entrée du parc de Saint-Cloud sont vendus et lotis tandis que subsiste un petit jardin à l’arrière de la Mairie. Depuis 1798, la mairie avait successivement été installée dans le presbytère puis en bord de Seine au 11 place Royale (aujourd’hui disparue) et enfin à l’angle de la rue des Caves et de la Grande Rue.

 

Au cours du XXe siècle, les différentes municipalités effectuent des travaux importants. On notera particulièrement ceux des années 1910 qui donnent au bâtiment son aspect actuel, ainsi que ceux effectués entre 1972 et 1983 autour de la Cour Saint-Omer. Entre 2007 et 2010, d’importants travaux sont engagés par la Municipalité afin d’en faciliter l’accessibilité.
L’hôtel de ville recèle une collection d’œuvres d’art au premier rang desquelles se trouve le vase dit de Fulvy ainsi nommé en hommage à l’intendant des Finances Jean Louis Henry Orry de Fulvy qui finança vers 1740 les premiers ateliers de porcelaine de Vincennes. Ce vase, mis en dépôt à la Mairie par l’Etat pour honorer la ville, est d’une hauteur de 2,23 m et orné de guirlandes de feuilles de vigne et de grappes entrelacées ainsi que de deux enfants en biscuit. Il comporte des applications d’argent et de bronze ciselé. Il est installé au pied de l’escalier d’honneur. Dans cet escalier se trouvent également les plaques en souvenir des Sévriens morts pour la France.

 

Au premier étage, six vases viennent décorer la salle des mariages dont quatre font partie d’une série créée par la Manufacture à l’occasion de la signature de la Convention du Mètre en 1875 installant le Bureau international des Poids et Mesures dans le Parc de Saint Cloud. Chaque représentant des vingt nations invitées avait reçu un exemplaire avec son nom apposé à la feuille d’or. Les quatre exposés en mairie n’avaient pas été attribués.

 

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