Les escaliers et les sentes

Les escaliers et les sentes - C Chamourat

Sèvres est née dans une vallée étroite et s’est étendue au fil des siècles sur ses deux coteaux. Aujourd’hui, elle est parcourue de ruelles, sentes et escaliers qui épousent les particularités de sa topographie.
En prenant la Grande Rue depuis les bords de Seine, plusieurs escaliers desservent le coteau Rive Droite, dont les premiers sont les escaliers Saint-Louis et Ernest-Chaplet (le plus long de la ville avec 167 marches). Ces deux escaliers datent de la création du lotissement « Villa Brancas » en 1856. D’abord privée, la rue Brancas et celles desservant le lotissement seront classées dans la voirie urbaine en 1935.
Près de l’hôtel de ville se trouve l’escalier du Parc, qui mène au lycée Jean-Pierre Vernant. Appelé au XIXe siècle « les 144 marches », il n’en compte plus aujourd’hui que 140. Un peu plus loin, enserré entre des bâtiments, se cache l’escalier Croix-Bosset qui se prolonge par la rue du même nom. Celle-ci est également desservie plus loin par l’escalier Albert- Glatigny qui porte le nom d’un poète parnassien mort à Sèvres. Il s’agissait jusqu’en 1938 de la sente Avril du nom des résidents de la cour, qualifiée à l’époque de cour des miracles.
Au bout de la Grande Rue, deux escaliers montent à la rue des Châtre-Sacs, dont le nom rappellerait qu’autrefois on risquait de s’y faire dérober sa bourse : l’escalier des Châtre-Sacs et l’escalier Raymond- Gigot qui rend hommage à un champion pédestre sévrien mort pour la France en 1915.
Mais les autres quartiers de la ville ne sont pas en reste. L’escalier plus récent de la Fontaine d’Amour, qui relie la place Gabriel-Péri à la rue du Parc-Cheviron, est issu de la rénovation du quartier Garenne-Gallardon. Son nom rappelle le rôle de l’eau dans l’histoire de la ville : il s’agit de celui d’un ancien point d’eau qui servait d’abreuvoir pour les bêtes et de lavoir pour les blanchisseuses. Un autre escalier, aujourd’hui disparu, situé à l’est de l’église menait à la fontaine Saint-Germain et son lavoir. Dans ce quartier se trouvaient également la rue et l’escalier Constant-Foucault, nommés en souvenir d’un bienfaiteur de la ville. Cette rue, qui finissait en escalier, traversait le quartier du Théâtre, totalement remodelé par la rénovation du centreville à la fin des années 1950, et reliait la rue Lecoq à la partie basse de la rue des Binelles.
Cette section de la rue des Binelles s’appelait autrefois la sente du Cimetière, puisqu’elle longeait l’ancien cimetière de Sèvres. Elle était rejointe à cet endroit par la sente de la Plaine-Perdue. Intégrée dans les propriétés privées en 1914, elle prolongeait auparavant une partie de l’actuelle rue Falconnet. On peut également rejoindre le quartier des Binelles par la rue et l’escalier Théodore-Deck, céramiste et administrateur de la Manufacture. Elle s’appelait auparavant la petite rue des Binelles, dans laquelle le peintre Vassily Kandinsky a habité en 1906 et 1907. Enfin, la sente de la Grande-Haie qui mène à la gare depuis la rue des Fontaines, a longtemps été pavée ; elle est devenue un escalier au début du XXe siècle.
Disséminés un peu partout dans la ville, les sentes et les escaliers (qui comptent plus de 3 000 marches), sont un bon moyen de découvrir ou redécouvrir la ville tout en prenant de la hauteur.
Haut de page