Les Bruyères

Les Bruyères - C Chamourat

L’usage aujourd’hui veut que l’on désigne par « Bruyères » la zone résidentielle comprise entre la forêt de Meudon, le Pavé-des-Gardes et la route de la Garenne. Le nom de Bruyères viendrait du terme « brières », terrain humide et marécageux. Les nombreux points d’eau (mare Adam, mare des Faisans, étang des Fonceaux) et le sol argileux ont favorisé la présence de meulières. Le territoire appartenait à l’origine aux seigneurs qui se partageaient Sèvres ; composé de friches et de vignes, on venait y couper du bois ou faire paître les animaux. La forêt et les garennes ont attiré aux XVIIe et XVIIIe siècles les chasses royales.
Le plateau des Bruyères ne sera habité que tardivement. Ce seront les ouvriers de la capsulerie Gaupillat, située le long de la route de Gallardon, qui s’établiront les premiers, souvent dans de petites maisons en bois. Cette usine de munitions et de capsules pour détonateur, qui dispose d’une annexe au Bas-Meudon à partir de 1835, connaîtra de nombreuses explosions meurtrières pour les employés. En 1939, la Société française de munitions de Jules Gévelot, installée aux Postillons, reprend la société Gaupillat. En 1968, Gévelot ferme l’usine des Bruyères, les bâtiments sont démolis en 1970-1971. La dernière cartoucherie fermera en 1979.
Outre ces activités industrielles, les Bruyères sont connues pour leurs guinguettes où les Parisiens viennent se distraire par le train Rive-Gauche ou le funiculaire de Bellevue : au « Faisan Doré » ou au « Rocher des Bruyères » qui existe toujours. Au début du XXe siècle, ce quartier isolé – sans eau, ni gaz ni électricité – se transforme peu à peu. Une première école mixte est ouverte en 1914 rue Charpentier. Transférée en 1929 route du Pavé-des-Gardes, on y aménage un nouveau bâtiment qui accueille en 1932 trois classes primaires de garçons et trois de filles ainsi qu’une partie des classes maternelles de l’ancienne école mixte. C’est l’époque où Joseph et Germaine Bouroche, instituteurs et directeurs, enseignent aux enfants des Bruyères. L’école maternelle de la rue Charpentier est reconstruite entre 1969 et 1971. Deux ans plus tard, ouvre le groupe scolaire Cotton (route de Gallardon). En 1982, le groupe scolaire des Bruyères sera renommé « André-Pion », en hommage à son directeur depuis 1968.
Une petite chapelle, offerte par la famille Gévelot à la paroisse Saint-Romain, est édifiée en 1908 rue des Bruyères face à l’usine. La population du quartier s’étoffe et la chapelle devient trop petite. En 1958, nommé administrateur de ce qui deviendra en 1962 la paroisse Notre- Dame-des-Bruyères, le père Cadet – ancien ingénieur des Arts et Métiers – s’investit dans l’édification d’un presbytère puis finalement d’une église en béton (le rachat par la ville du terrain de la rue des Bruyères contribue en partie à la réalisation). Cette église est inaugurée en 1969 et arbore un style contemporain : vitraux colorés réalisés par un professeur d’art au lycée de Sèvres, mosaïques entourant l’autel par un artiste décorateur et paroissien.
Aujourd’hui, les Bruyères ont perdu une part des activités industrielles et commerciales qui ont fait leur histoire, mais le quartier reste la source d’une grande fierté pour ses habitants.
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