L’église Saint-Romain

Eglise Saint-Romain - Intérieur

 

Même si l’inscription visible sur le clocher fait remonter la fondation de la première église à 675, il n’en est rien. Cette date, inscrite à l’occasion de travaux effectués en 1893, est tout droit sortie de l’imagination du curé Ambroise Brazillier, persuadé que l’église avait été fondée par Dagobert II, par ailleurs roi très pieux ayant fait construire nombre d’édifices religieux. Cette théorie est très rapidement qualifiée d’hérésie archéologique par la Commission des Antiquités et Arts de Seine-et-Oise. Sans doute y avait-il à Sèvres au VIIe siècle une petite chapelle mais qui, de toute façon, n’était pas à l’emplacement de l’édifice actuel. Après la destruction du village de Sèvres par les Normands au IXe siècle, l’église est reconstruite entre 1150 et 1250. De cette époque subsistent des voûtes ogivales de la nef et la base du clocher en style roman. La Guerre de Cent Ans (1337-1453) cause de nombreux dommages à l’édifice qui est remanié au XVIe siècle. Construit au XVIIIe afin d’agrandir l’église, le chœur est légèrement dévié sur la gauche, sans doute afin d’évoquer l’inclinaison de la tête du Christ sur la croix au moment de sa mort. En 1901 est construit un porche accompagné d’une tourelle permettant l’accès aux orgues. À la même date est installée la statue de Saint Romain qui surmonte la façade.

 

D’abord consacrée à Saint Jean-Baptiste, l’église est dédicacée à Saint Romain, protecteur des mariniers, dès 1504.

D’autres saints ont leur place à Sèvres. On notera particulièrement la chapelle qui termine le bas-côté gauche consacrée à Saint Joseph et autrefois à Sainte Véronique, patronne des blanchisseurs autrefois nombreux à Sèvres.

 

Les trois cloches qui tintent au sommet du clocher portent les noms d’Annette, Albertine et Pierrette. Annette, qui donne le fa, est bénite en 1760. Une plaque de marbre dans l’église nous rappelle que les deux autres, qui donnent respectivement le sol et le la, sont installées en 1937. La même année l’église est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

 

Le visiteur pourra admirer parmi les œuvres d’art présentes dans l’édifice un tableau datant de 1901 de Paul Hippolyte Flandrin représentant Jeanne d’Arc priant dans l’église de Sèvres. L’artiste fait référence à une légende qui veut que Jeanne d’Arc soit passée à Sèvres avant d’entrer dans Paris. Même si les historiens s’accordent à dire que Jeanne d’Arc n’est jamais passée à Sèvres, il n’en demeure pas moins que l’œuvre eut beaucoup de succès au Salon de 1901 et valut la médaille d’argent à son auteur. Sous ce tableau se trouvent les fonds baptismaux en bronze doré du XVIIIe siècle et un bas relief Ecce Homo.

 

Les trois vitraux, qui embellissent la chapelle consacrée à la Vierge Marie, représentent trois moments supposés de l’histoire de l’église : la guérison d’une possédée par Saint Germain en 560, la création de l’église par Dagobert II en 675 et la translation des reliques de Saint Romain en 1504.

 

Le chemin de croix est composé de quatorze plaques de céramiques offertes en 1873 par Eglée Marie Robert qui en a réalisé les dessins. Mme Robert était l’épouse de Louis Robert, directeur de la Manufacture.

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