Le Pavillon de Breteuil

Le Pavillon de Breteuil - C Chamourat
Sur le domaine acheté par le roi pour son frère, Monsieur le duc Philippe d’Orléans, le trianon du château de Saint-Cloud est inauguré en 1672. Construit sous la direction de l’architecte Thomas Gobert, ce belvédère de style classique destiné à accueillir des fêtes se situe à l’écart du château, à l’extrême sud du domaine, près de Sèvres. Il domine des jardins en terrasses ornés de parterres et bassins qui descendent jusqu’à la Seine.
Nommé pavillon du Mail sous Louis d’Orléans, petit-fils de Monsieur, il est remanié en 1743 pour le mariage de son fils Louis-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, et de la princesse Louise-Henriette de Bourbon-Conti.
Ministre de la Maison du roi et ministre de Paris, Louis Auguste Le Tonnelier, baron de Breteuil négocie en 1784 avec le ministre des Finances, Calonne,  le rachat par Marie-Antoinette du Domaine de Saint-Cloud au duc d’Orléans. Il devient alors administrateur du domaine et fait du  pavillon du Mail sa résidence officielle. C’est cet homme aux conceptions humanitaires et sociales en avance sur son temps, membre de l’Académie des Sciences, qui donne son nom au pavillon. Le bâtiment est déclaré bien national lorsqu’il émigre en 1793.
En 1799 le pavillon de Breteuil est occupé par l’armée et laissé en mauvais état. Restauré par Bonaparte qui s’installe dans le château de Saint-Cloud, il devient  pavillon d’Italie, Napoléon en ayant fait la résidence du représentant du royaume d’Italie. Le bâtiment prend alors son aspect actuel : il est surélevé dans son milieu et les avancées octogonales aux deux extrémités s’arrondissent. Le pavillon accueille successivement le roi Jérôme de Westphalie, le plus jeune frère de Napoléon, Caroline Murat, reine de Naples, Louis Bonaparte, roi de Hollande et son fils le futur Napoléon III.
Après son occupation par les Prussiens, le pavillon est de nouveau restauré et passe entre les mains de plusieurs dignitaires entre 1820 et 1848.
À la chute de Louis-Philippe en 1848, le pavillon de Breteuil dépend du ministère des Travaux publics qui loue la propriété. La princesse Mathilde Bonaparte, fille de Jérôme de Westphalie et cousine germaine du prince Louis-Napoléon est l’une des plus célèbres locataires : elle y séjourne chaque été de 1849 à 1853.
En 1875, après la guerre franco-prussienne et le siège de Paris, le Pavillon de Breteuil est en ruine quand le gouvernement concède le site au Comité international des poids et mesures pour y établir le Bureau international des poids et mesures (BIPM). Créé par la Convention du Mètre, signée à Paris le 20 mai 1875 par 17 nations et modifiée en 1921, le BIPM est une organisation intergouvernementale dont la mission est d’assurer l’uniformité mondiale des mesures.
Le siège du BIPM comprend des laboratoires de métrologie aux fins d’assurer la conservation des prototypes internationaux des étalons de mesure et l’équivalence entre les étalons nationaux de mesure.
En 1889, la Conférence générale des poids et mesures, organe plénier du BIPM, sanctionne lors de sa première réunion les nouveaux prototypes internationaux du mètre et du kilogramme et demande qu’ils soient officiellement déposés au Pavillon de Breteuil.
Des travaux de remise en état et d’agrandissement ont été entrepris depuis 1875 : l’Observatoire destiné à l’aménagement des laboratoires est mis en service en 1884 puis agrandi en 1929, deux bâtiments sont construits pour les laboratoires de la section des rayonnements ionisants en 1964, un bâtiment est construit pour le travail sur les lasers en 1984, un bâtiment destiné à l’administration et la bibliothèque est inauguré en 1988 et un bâtiment comprenant des salles de réunion, des bureaux et un atelier de mécanique est édifié en 2001.
 Près de 80 membres du personnel de différentes nationalités travaillent à l’amélioration des mesures et à la maîtrise de leur stabilité dans le temps. Le BIPM bénéficie de privilèges et immunités sur le territoire français en vertu de l’accord de siège du BIPM signé en 1969 entre le Gouvernement de la République française et le CIPM lui permettant de remplir plus aisément sa mission sur le territoire français. Le BIPM compte aujourd’hui 55 Etats Membres auxquels il offre une structure institutionnelle permanente leur permettant d’agir en commun dans tous les domaines relatifs aux unités de mesure.
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